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Historique et présentation de la ville d'Oujda

La ville d'Oujda

Le millénaire de la ville de Oujda a été célébré avec faste en 1994. La fondation de cette cité remonte en effet à l'an 994 de notre ère.

A cinq kilomètres du centre de la cité, du côté sud, on peut se rendre, en empruntant la route de Sidi Yahia, à l'oasis qui abrite le mausolée du Saint-Patron de la ville, Sidi Yahia Benyounes, ainsi que les tombes de plusieurs Saints. C'est cette oasis qui a favorisé, comme l'indique le travail des historiens et des chercheurs, la fondation de la ville.

Située dans le Nord-Est du Maroc, la ville de Oujda, de par sa situation géographique stratégique, est considérée aujourd'hui comme la capitale du Maghreb arabe et la capitale économique du Maroc oriental. Ateliers, usines, industries s'y côtoient grâce aux énormes richesses minières et agricoles que recèle la nature du sol de la région.

Oujda est d'ailleurs une ville dont la densité démographique est particulièrement révélatrice de l'activité économique et commerciale puisqu'elle compte pas moins de 1 million d'habitants répartis sur une superficie de 48 km².

Située à 600 kilomètres de Rabat, capitale administrative du Maroc, Oujda est délimitée au Nord par la mer Méditerrannée dont les plages sont situées à une soixantaine de kilomètres du centre-ville. Elle est distante de 14 kilomètres à peine de la frontière algérienne du côté Est, est contiguë à la plaine de Guersif à l'Ouest et jouxte le désert du Sahara au Sud.

Dotée d'un aéroport international permettant des liaisons quotidiennes avec les plus importantes métropoles du monde, reliée par le rail et par la route à la plupart des grandes villes du Maghreb, Oujda connaît un brillant essor et se trouve à la pointe d'un modernisme certain, tout en conservant intra-muros un patrimoine architectural, artistique et culturel que bien d'autres cités maghrébines lui envient.

 

Identité culturelle

Il faut savoir que l'Oriental marocain est la seule région du pays à jouir d'une identité autant méditerranéenne que saharienne. Cette région regroupe, outre la ville de Oujda, les cités de Taourit, Berkane, Figuig, Saïdia, Jerrada, ainsi que de nombreux petits villages qui se sont formés dans les plaines et sur les hauts plateaux.

Il s'agit, au Maroc, de l'une des contrées les plus riches au niveau de l'art et de la culture et il serait hasardeux de présenter en quelques lignes le patrimoine d'une telle région. Néanmoins, il est permis de dévoiler quelques facettes de l'identité et du cachet local.

Une courte visite dans l'ancienne médina est suffisante pour emporter des souvenirs inoubliables de l'histoire proche ou éloignée de la vie des générations qui se sont succédées à Oujda. On y trouve l'essentiel des éléments qui ont caractérisé de tous temps la vie et l'organisation des médinas marocaines : architecture, ambiance, parfums des Kissariats, sans oublier l'animation des ruelles ornées d'étalages de divers produits, notamment artisanaux, particulièrement bien mis en évidence.

Chaque ruelle, chaque artère, a sa lumière, sa couleur, son propre charme… C'est notamment le cas de Bab Sidi Abdelwahab dont la dernière reconstruction remonte aux environs de 1895. Elle permettait jadis - et permet toujours - l'accès aux quartiers commerçants. Il s'agissait aussi de la porte de Oujda du côté Est.

La place voisine, qui est de nos jours, la plus animée de toute la ville, était la station de repos des caravaniers arrivant de l'Est. Elle s'est transformée ensuite peu à peu, pour devenir un véritable souk (où l'on négociait montures, bétail, produits agricoles, …), avant de présenter l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui.

A 400 mètres de là, est érigé le Palais Dar Essabti, construit en 1938 par un riche marchand de la ville et en face de ce palais, se trouvent le parc et le Musée Lalla Meryem. Ce Musée est un lieu très ombragé et est souvent fréquenté par la population locale en quête de calme et de détente.
Il renferme de nombreuses curiosités.

La Mosquée Al Kabir et ses trois Fontaines a été érigée en 1298 par Youssef bnou Yaâcoub Bnou Abdelhak Al Marini. Il ne fait pratiquement aucun doute qu'il s'agit du plus ancien monument de la médina. A droite de l'entrée principale de la Mosquée, une ruelle ne dépassant pas un mètre de largeur à certains endroits, mène le promeneur à l'un des joyaux de la médina : la Médersa mérinide.

Celle-ci fut édifiée en 1335, soit cinq ans après la célèbre Médersa Bouâanamia, l'un des fleurons architecturaux de la ville de Fès. Malgré ses dimensions réduites, elle est considérée comme un chef d'œuvre de l'art mérinide. Elle est depuis toujours -et continue d'être aujourd'hui- un milieu d'apprentissage.

 

Tourisme et loisirs

Les plages de la région sont un facteur attractif en raison de leurs capacités à répondre à diverses formes de loisirs et d'évasion. Une plage qui jouit de la côte méditerranéenne, d'une houle modérée ou faible en période d'été et qui s'étend sur une longueur de 14 kilomètres.

La station balnéaire, ou "la perle bleue", comme on se plaît à la nommer là-bas, est située, comme nous le disions, à 60 kilomètres du centre de Oujda. Elle ne compte qu'environ 4.000 habitants en hiver et reçoit un nombre considérable de visiteurs en période estivale (plus de 200.000 personnes).

Ses dizaines de kilomètres de sable fin et son climat idéal durant la deuxième moitié de l'année font d'elle une des plus belles stations balnéaires du nord-marocain. Elle bénéficie d'une image appréciable tant aux niveaux national qu'international. C'est un grand pôle d'attraction dont l'image est rehaussée par les équipements qu'offre la ville en matière touristique et par l'essor que connaissent les festivités et les manifestations artistiques, culturelles ou sportives.

Un festival populaire y est organisé chaque année dans le courant des mois de juillet-août. Au cours de la saison estivale, elle connaît, de jour comme de nuit, une animation débordante. La plage est superbe et, par beau temps, l'horizon permet d'entrevoir les îles Chaffarines situées à l'avancée de l'Atlas Tellien en Algérie. La place en pente faible permet des baignades sans danger grâce aux bourrelets sablonneux.

Du côté de la frontière algérienne, se situe la cité de Saïdia où est érigée une fort belle Casbah bâtie au XIXème siècle. Elle est située non loin du fleuve Kiss, qui sépare le Maroc de l'Algérie. En quittant Saïdia, le visiteur se rendant vers l'Ouest rencontre à 12 kilomètres, l'embouchure de la Moulouya qui vient se jeter dans la Méditerranée.

Le delta formé par les crues du chenal et du retour des vagues, a créé des zones marécageuses à niveaux d'eau variables, formant plusieurs ramifications secondaires. Ce lieu suscite un grand intérêt écologique. Il s'agit d'un territoire réputé pour être un foyer d'hivernage de plusieurs espèces d'oiseaux en voie d'extinction. C'est ainsi qu'on peut y rencontrer notamment des canards Colverts, des oies Cendrées, des poules Sultanes d'eau, etc.

Enfin, la Moulaya ("la Sinueuse"), est l'un des plus importants cours d'eau du Maroc. Il prend naissance au cœur du Moyen Atlas (dans la montagne Ayachi), parcourant plus de 520 kilomètres et traversant plusieurs plaines (dont Tafrata, Sabra et Triffa).

La vallée s'élargit parfois et le chenal peut changer de tracé après chaque crue. Grâce aux deux barrages de Machrâa Hammadi et Machrâa Klila, il permet l'irrigation de plus de 70.000 hectares des principales plaines de l'Oriental.

Les arts, la culture et la tradition, disions-nous, tiennent une grande place dans la vie des habitants de Oujda et de sa région.

 

Artisanat

En dépit du développement économique, commercial et industriel de la ville, les activités artisanales y font partie de la grande tradition. La région est ainsi réputée pour la fabrication de tapis de campagne, de paniers et de différents autres objets de première utilité. Le tissage de tapis modernes et à broderie est très répandu et constitue une activité prospère dans les complexes artisanaux. D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans, tels que les tajines, les jarres, etc.

 

Gastronomie

La tradition culinaire, également, dépasse les frontières de la cité. La région de Oujda est ainsi réputée pour produire les meilleures viandes du Maroc.

Rien d'étonnant dès lors à ce que la ville soit réputée pour la qualité de certains de ses plats, tels le Mechoui, mets national au Maroc. L'agneau entier est rôti sur les braises de charbon, non flamboyants. Il est arrosé, durant la cuisson, de beurre et d'eau salée. On le sert chaud et en entier, souvent saupoudré de cumin. Le méchoui de la ville de Oujda se caractérise par la qualité de son goût, très particulier.

Mais il faut citer également un type de couscous, appelé le Tâam au S'men, réputé pour sa saveur. Il est souvent consommé avec des dattes.

Parlons aussi de La Bakbouka, composée de boulettes de riz mélangées à des tronçons de viscères et enveloppées dans de petites pochettes elles-mêmes fabriquées à base de viscères, de la K'lila, un fromage dur provenant du petit lait de chèvre ou de chamelle. Ce fromage se consomme aussi avec des dattes.

Enfin, le Kaake, gâteau populaire qui présente l'avantage d'être à la portée de toutes les bourses et de se conserver pendant plusieurs semaines.

 

Traditions

Les chants, les danses, la musique traditionnelle, tiennent également une grande place dans l'univers culturel des habitants de la région de Oujda.

Les "Chiouks" (traduisez "Les Maîtres"), qui sont les dépositaires de la tradition dans ce domaine, animent les festivités (mariages, baptêmes et fêtes diverses). Ils se font accompagner lors de leurs prestations par des musiciens jouant d'instruments comme le "Bendir".

Ils chantent des poèmes antiques, des textes religieux et de vécu quotidien sur les airs joyeux ou mélancoliques d'une flûte. La danse la plus populaire de la région est le Laâlaoui. Il s'agit d'une danse riche en percussions, rythmes et expressions. Elle est exécutée par plusieurs danseurs guidés par un meneur. Les groupes se tiennent coude à coude, comme soudés les uns aux autres, en scandant leurs corps. Cette façon de faire rappelle l'unité indissoluble qui, autrefois, liait les guerriers face à l'ennemi.

Le "Gharnati", qui rappelle dans son genre la musique andalouse, distingue cette région du reste du Maroc. Un festival y est d'ailleurs entièrement consacré chaque année au Musée Lalla Meryem à Oujda.

La région possède aussi plusieurs groupes de "Fantasia" appelés "Goum"s, auxquels il convient d'ajouter les formations de "Bardias", uniques en leur genre au Maroc. Les "Bardias" (qui représentent des groupes de guerriers à pied, armés de fusils) exécutent des mouvements de va-et-vient pour finir en un cercle au milieu duquel ils font tonner le "Baroud" (une poudre).

 

Administratif et politique

D'un point de vue administratif, c'est en 1992 que l'on a procédé au découpage de la ville en 3 municipalités :

  • Oujda Sidi Ziane au centre ;
  • Sidi Driss El Qadi au Nord-Est ;
  • Oued Nachef Sidi Maafa au Sud-Ouest.

Ces 3 entités forment à cette époque la Communauté Urbaine d'Oujda. Par la suite viendra s'ajouter la commune de Sidi Yahya.

Depuis le 12 septembre 2003 (lors des nouvelles élections), les Ministères ont décidé de (re)-fusionner les communes.

Actuellement, la commune d'Oujda regroupe les 4 communes et fait travailler environ 2.400 fonctionnaires (contre 800 seulement pour la seule commune de Oujda Sidi Ziane avant la fusion).

La structure politique de la commune, organisée conformément à la charte communale du 30 septembre 1976, a été revue en 2003 (nouvelle charte) et sera mise en exécution pour janvier 2004.

La composition de la nouvelle commune est constituée du Conseil communal, organe délibérant dont 55 membres sont élus au suffrage indirect pour une période de 6 ans. Ce sont les Conseils communaux qui élisent le conseil de la Communauté Urbaine ainsi que son Président. L'exécutif est constitué d'un Président, aidé dans ses fonctions par un Bureau de 10 membres.

En plus des sessions extraordinaires, 4 sessions ordinaires sont tenues par le Conseil chaque année au cours desquelles les élus sont amenés à débattre et à voter les différentes résolutions de la Communauté ainsi que son budget.

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